Au delà des mots
Editions L'Harmattan
La quête du poète est la quête de la vie. Il sait utiliser les mots qui lui ouvrent la voie de la sérénité, même si elle est marquée par le doute et le questionnement. Dans son ouvrage, René Varennes transpose, à 88 ans, ses dernières investigations poétiques, passant de la nostalgie à l’espoir, de l’amour à la guerre.
Après tant d’années d’écriture, quelques poèmes du recueil semblent vouloir signer des pages de souvenirs, heureux ou malheureux, mais où il est possible de ressentir les émotions et les sentiments de l’auteur. Quand toute une vie a été guidée par une énergie exceptionnelle, les images du passé ne peuvent être que riches de couleurs et de formes très bien perceptibles.
Les mots dans leurs sens profonds apportent toutes leurs saveurs quand ils sont manipulés par une plume créatrice et pertinente. Dans le titre, une information est donnée quant à l’approche que le lecteur doit avoir en feuilletant le livre. Et il doit bien y trouver l’ombre des moments douloureux et la lumière des vers qui peuvent révéler des horizons aussi lointains que proches, aussi habituels qu’inattendus.
De l’instant du souvenir se glisse une nostalgie forte empreinte de regrets et de l’impuissance de l’éloignement. Mais des messages d’espoir s’interposent, car la sagesse du poète est de savoir montrer les espaces qui doivent toujours être explorés par les âmes libres. Il s’y insère une invitation à se libérer des contraintes artificielles des civilisations qui tendraient à étouffer l’esprit de l’homme, et à l’empêcher de s’épanouir pleinement.
Dans son ouvrage, René Varennes traverse les saisons et le temps autant en tant qu’acteur que spectateur. Il dispose de la vision de celui qui a vécu, mais sans jamais subir les influences, souvent cachées, qui affaiblissent l’être dans sa force intérieure et dans son authenticité.
Bien plus que des témoignages, ses poèmes nous emmènent dans un univers qui est celui de sa réussite et de ses échecs, en sachant toujours nous parler d’avenir et d’éternité.
De culture classique, ses vers entretiennent la rime et la prosodie, ce qui ne signifie pas le refus de la modernité. L’auteur tient sa place dans le 21ème siècle avec ses convictions et sa personnalité.
Aimant Paris et la France, il participe à la promotion de la langue française dans le monde entier à travers l’association dont il est le Président-Fondateur UCBBA-La Forêt des Mille Poètes. Citoyen du monde, il sait diffuser la culture française hors de nos frontières, et accueillir les artistes planétaires.
Et dans les actions qu’il entreprend avec courage et détermination, il tente de redonner la place qui devrait être la sienne à la poésie dans le paysage culturel français. Conscient de l’importance de la création poétique, et de son absence dans les organes médiatiques, il a initié la demande de cinq minutes de poésie par jour sur les chaînes de télévision nationale. Cette doléance doit être présentée auprès du Ministre de la Culture et de plusieurs directeurs de chaînes de télévision. Loin de se tenir à l’écart des réalités contemporaines, il s’interpose, au contraire, comme un interlocuteur incontournable.
L’illustration de la couverture « Rue des Artistes à Paris » est l’œuvre de Jacques Gaulme. Elle côtoie le dessin de la déesse Kubaba de Vladimir Tchernychev, en relation avec l’association du même nom qui a imprimé l’ouvrage. Le lien avec Paris, où il a longtemps travaillé dans les services de l’Assemblée Nationale, est ainsi maintenu.
Dans sa préface, Paul Georgelin apporte son regard pertinent qui lui fait écrire que « …le poète a du suivre le torrent impétueux de l’inspiration imposée par une muse qui ne sait pas attendre ».
Le recueil de René Varennes pourrait être considéré comme un testament rempli de souvenirs, d’expériences et de messages. Il se présente en fait comme un formidable outil d’échange et de partage entre ses poèmes et le regard du lecteur. Sa matière essentielle demeure bien vivante dans une écriture qui se construit « au-delà des mots ».